Le RECF et le numérique

Guide pratique du livre numérique

présenté par le Regroupement des éditeurs canadiens-français (RECF)

La littérature franco-canadienne s’invite sur Overdrive!

French-Canadian literature is on Overdrive!

Où acheter ?

Le RECF réunit quinze maisons d’édition francophones du Nouveau-Brunswick, de l’Ontario, du Manitoba et de la Saskatchewan. Le site Avoslivres.ca du RECF est une vitrine des ouvrages franco-canadiens publiés par ces éditeurs. Tout leur catalogue y est présenté et les livres peuvent y être achetés en format papier.

Depuis quelques années, l’ère numérique connaît une croissance phénoménale. Pour suivre le courant, la majorité des membres du RECF ont emprunté le virage numérique.

Le site Avoslivres.ca offrait déjà la possibilité de commander près de 2 000 titres en format papier. Aujourd’hui, près de la moitié de ce catalogue est disponible en format numérique. L’initiative permet à la fois de renforcer la vitalité littéraire franco-canadienne et de répondre à la forte demande de livres numériques en français.

Lexique du livre numérique

Livre numérique

(Livre électronique / livrel)

Le livre numérique est un ouvrage électronique qui se présente sous forme de fichier que l’on peut télécharger, stocker et lire sur un appareil de lecture comme une liseuse, une tablette tactile, un ordinateur ou un téléphone intelligent. Bien qu’il soit possible d’utiliser ces deux derniers supports, la liseuse et la tablette demeurent les grands favoris des lecteurs.

Appareil de lecture

(Liseuse / lecteur électronique / lecteur de livrels)

La liseuse est un appareil électronique portatif qui sert à la fois à entreposer vos livres numériques téléchargés et à en faire la lecture. Elle possède un écran, aussi connu sous le nom de « papier électronique, » dont l’encre électronique en noir et blanc s’apparente à celle d’un journal. Ce lecteur électronique n’entraîne pas de fatigue oculaire, car il n’est pas pourvu d’un écran lumineux, contrairement à la tablette.

Tablette

Souvent considérée comme un ordinateur de plus petit format, la tablette n’a cependant pas de clavier, mais plutôt un écran tactile. Elle ne sert pas uniquement à la lecture. Pour les personnes qui ont un penchant pour les appareils à multiples usages, la tablette a l’avantage d’offrir diverses fonctionnalités, dont l’accès à Internet. Elle est plus chère que la liseuse.

 Tablette

Formats du livre numérique

 ePub

Le format ePub pour « publication électronique » a été précisément conçu pour la lecture des livres numériques. Il permet d’ajuster la taille des caractères pour favoriser le confort de lecture. Le ePub convient mieux aux mises en page simples comme celles des ouvrages de fictions. Aussi adéquat pour les appareils de lecture que pour les petits écrans des téléphones intelligents et les ordinateurs, le ePub n’est cependant pas approprié pour l’impression. Il permet toutefois de cliquer sur des hyperliens et, grâce à cet outil pratique, d’effectuer des recherches à l’intérieur du document.

Environ 60 de nos livres num

PDF

Le PDF convient à tous les types d’ouvrage et est idéal pour les mises en page complexes qui comprennent des illustrations et des tableaux. Comme la mise en page d’un PDF est statique, c’est-à-dire qu’elle demeure la même que pour le format papier, sa lecture sur un ordinateur est plus commode que sur un téléphone intelligent. On peut aussi lire un livre numérique en format PDF sur une liseuse ou une tablette, mais la majorité des lecteurs trouvent cela moins agréable qu’en ePub.

Presque tous nos ouvrages

 

Protection des droits d’auteur

Pour contrer la distribution illégale, les livres numériques sont souvent munis de dispositifs de protection. Les deux plus utilisés sont le filigrane et le verrou numérique.

 Filigrane

(Watermark / tatouage numérique)

Le filigrane est un texte que le distributeur appose sur chaque livre vendu. Ce tatouage numérique inclut notamment le nom du client, la date d’achat, le numéro de la transaction, celui de l’utilisateur ainsi que  l’identifiant du marchand. Il est apposé au hasard sur plus d’une dizaine de pages du livre. Bien qu’il n’empêche pas la copie illicite, le filigrane est une mesure dissuasive, car il peut servir à remonter à la source du piratage.

La majorité de nos livres

Verrou numérique

La gestion des droits numériques (GDN) ou gestion numérique des droits (GND) – en anglais « Digital Rights Management » (DRM) – est plus contraignante que le filigrane pour les lecteurs. Le verrou qui permet de limiter la circulation des ouvrages numériques peut agir de plusieurs formes : en limitant le temps de consultation (en cas de prêt de l’ouvrage), en restreignant l’utilisation au moyen d’un fichier chrono-dégradable ou en contrôlant le nombre de transferts vers un périphérique et le nombre de copies permises.

 

Vente de livres numériques

Sur le marché, les ventes de livres numériques représentent :

-moins de 5 % au Québec [1] ;

-environ 15 % au Canada anglais [2] ;

-entre 20 et 25 % aux États-Unis [3].

Même si le Québec et le Canada français accusent un léger retard sur le marché, les ventes y sont en hausse et d’ici peu, l’offre et la demande iront de pair. Les nouvelles publications sont maintenant offertes en format numérique (ePub et/ou PDF) et le fonds littéraire sera progressivement converti.

 

Livres numériques en bibliothèque

Plusieurs plates-formes offrent le service de prêt des livres électroniques.

Au Québec

Lancée par le distributeur DeMarque, la plate-forme Prêtnumérique.ca est un projet collectif qui réunit plusieurs acteurs soucieux de la vitalité du livre numérique au Québec. En juin 2013, une cinquantaine de bibliothèques publiques québécoises étaient branchées au service de prêt.

Au Canada

Les bibliothèques publiques canadiennes offrant le service de prêt de livres électroniques utilisent pour la plupart la plate-forme OverDrive. Organisation mondiale établie en Ohio, OverDrive travaille exclusivement avec le contenu numérique. À l’heure actuelle, OverDrive entrepose plus d’un million de titres de plus de 2 000 éditeurs et son service de distribution électronique dessert au-delà de 22 0000 bibliothèques, écoles et universités à travers le monde. Les bibliothèques canadiennes n’offrent cependant qu’une infime quantité de livres québécois et franco-canadiens dans leur catalogue.

Comment ça fonctionne ?

Les bibliothèques publiques achètent des livres numériques au nombre d’exemplaires souhaité. Pour découvrir les livres électroniques disponibles à leur bibliothèque, les lecteurs doivent se connecter à leur compte personnel. La bibliothèque détermine la durée des prêts, et les ouvrages sont dotés d’un verrou chronodégradable faisant en sorte qu’à la fin du prêt, l’usager n’a plus accès au fichier électronique. Comme c’est le cas pour les livres papier, il n’est pas possible d’emprunter un livre en format numérique s’il est déjà prêté. Certaines bibliothèques permettent les réservations et les retours anticipés.

Ordinateur et livres

Les acteurs du livre papier et numérique

Livre papier - hiérarchie Répartition du livre papier

Dans le cas du livre papier, seul l’imprimeur est assuré de recevoir son dû. Celui des autres acteurs du livre dépend du nombre d’exemplaires vendus.

Les meilleures chances de profits se présentent lorsqu’il y a réimpression, car celle-ci ne ne s’accompagne pas de frais liés au graphisme, aux droits associés aux illustrations, à la révision linguistique et à la correction d’épreuves.

Livre numérique - hiérarchie Répartition du livre numerique

 L’agrégateur, un intermédiaire entre l’éditeur et le distributeur, entrepose les fichiers électroniques des livres sur sa plate-forme  pour les transmettre par la suite aux divers distributeurs numériques.

 

L’envers du livre numérique

Combien coûte la production du livre numérique?

Il est difficile de déterminer le coût, car il dépend de plusieurs facteurs :

livre -la production de fichiers PDF / ePub à l’interne ou à l’externe ;
  -l’incompatibilité des fichiers d’origine, ce qui oblige les éditeurs à numériser les livres une page à la fois ;
  -le type d’ouvrage, car plus le livre comporte d’images, de tableaux ou de graphiques, comme c’est le cas des albums et des essais, plus la mise en page est complexe ;
  -le nombre de pages et de liens, deux facteurs qui peuvent augmenter le coût de production en raison du temps nécessaire à l’exécution;
  -les différentes normes auxquelles doivent se conformer les éditeurs, qui les obligent souvent à retravailler les fichiers.

En moyenne, le transfert en ePub d’une nouveauté sans image coûte entre 150$ et 250$, en excluant les frais de vérification.

Quelles difficultés rencontre le milieu du livre ?

liv -Période d’adaptation chez tous les acteurs du livre : chacun d’entre eux doit s’habituer au phénomène nouveau et en pleine expansion du livre numérique.
-Évolution rapide du milieu : les formats et les normes ne cessent de se développer.
-Faiblesse des ventes : comme les ventes demeurent très faibles, le retour sur l’investissement est presque inexistant.
-Avenir incertain : personne ne peut prévoir comment évoluera le livre numérique et quelles seront les retombées sur le livre en format papier.lkgrovn

Livre-tablette


[1] DeMarque

[2] BookNet Canada

[3] Boisvert, Richard, « Le numérique n’a pas d’odeur », Le Soleil, 6 avril 2013