Les reins de la littérature franco-canadienne dans la Ville-Reine

30 décembre 2016

Le RECF a demandé au poète Daniel Groleau Landry de nous partager ses impressions à la suite du dernier Salon du livre de Toronto (SLT). Voici son texte.

Je me remets encore de mon expérience fabuleuse au cœur de l’événement-phare annuel de la littérature franco-canadienne dans la métropole de l’Ontario, le Salon du livre de Toronto. Il faut dire que c’est une occasion en or pour échanger avec des auteurs de partout au pays et à l’international, et que notre belle gang a fêté le livre et la littérature pendant une bonne partie de la semaine. Que dire de cet événement qui donne des ailes aux petits auteurs comme aux grands?

J’ai eu le bonheur de participer au SLT à mes débuts en 2012 alors que mon premier recueil venait tout juste de paraître. Je ne connaissais pas encore la place que pouvait prendre la poésie dans ma vie, ni celle que je pourrais un jour occuper auprès de cette communauté de figures intellectuelles vénérables. Un peu penaud, timide, j’ai vite compris que ce Salon était avant tout un grand rassemblement pour une communauté francophone éclectique mais vibrante. La nature de cette forme d’art étant telle que les discussions de toutes sortes se manifestaient autour du stand du RECF et ailleurs au Salon. C’est toujours le cas aujourd’hui!

La littérature franco-canadienne a une place d’honneur au SLT, et cette place privilégiée nous donne la chance de rayonner auprès d’un public qui, malheureusement, n’a pas souvent l’occasion de côtoyer de la littérature francophone (vu le nombre limité de librairies et d’événements de cette nature à Toronto). On espère que la relève francophone du Centre-Sud-Ouest développera à son tour des initiatives littéraires d’envergure qui seront appuyées par la vieille garde.

J’ai eu l’immense honneur de partager une scène avec des artistes immenses de la poésie contemporaine de partout au pays. Le mercredi soir, une soirée de lecture m’a permis d’avoir le bonheur inespéré de partager une scène avec des poètes admirables, soit Nicole Brossard et Jean-Marc Desgens, à l’Annex Art Centre dans le quartier de l’Annexe près du centre-ville. Le concept : lire des poèmes traduits avec des homologues anglophones. Chacun avait son souffle, et pour la première fois, j’ai eu le plaisir d’entendre mes textes lus en anglais par Béatriz Hausner, la responsable du centre artistique. La foule était composée d’amoureux de la poésie, tant des praticiens que des membres de la communauté, et nous avons fêté jusqu’aux petites heures du matin.

Jeudi marquait le début des matinées scolaires. J’écris surtout ma poésie pour un public adulte, alors j’ai pris plaisir à discuter avec les auteurs qui y étaient pour leur littérature jeunesse. Il faut dire que celle-ci est omniprésente au SLT. La jeunesse y trouve certainement son compte.

 J’ai particulièrement apprécié les discussions autour du métier d’artiste et ses réalités, au sujet des formes choisies, des messages véhiculés et des dilemmes qui existent entre la passion et le gagne-pain. La soirée «Poutine et poésie», un succès retentissant, rassemblait la crème de la crème de la poésie franco-canadienne contemporaine. Des voix authentiques, regorgeant de lumière, faisaient vibrer le Café des littéraires du Salon. Et la poutine acadienne gourmet était, ma foi, succulente et vite disparue.

Ceux qui travaillent en culture franco-canadienne savent qu’on change le monde dans les assemblées générales annuelles (AGA) et les bars. Pas d’AGAs cette semaine pour nous, vous devinez le reste. Plusieurs occasions se sont présentées pour changer le monde avec mes collègues littéraires le vendredi. J’en conserve un souvenir affectueux, si fragmentaire! Le samedi, bien occupé, m’a permis de vendre le reste de mon inventaire de livres et de mettre un peu d’ambiance avec ma guitare. J’ai reçu beaucoup de sourires et d’accolades d’amis retrouvés.

Ce qui a ressorti surtout de mon expérience au SLT, c’est une complicité, une passion pour la culture, la pensée critique, la littératie et surtout, la survie de notre belle littérature. Le SLT, c’est une gang venue de partout au pays pour fêter le livre, mais c’est aussi le rassemblement de gens sensibles qui veulent faire une différence et travaillent pour le faire. J’y retournerai certainement l’année prochaine pour continuer à faire rayonner, à ma façon, nos histoires.

 

Daniel et sa guitare

Daniel et sa fidèle guitare au stand de l’AAOF

L'auteur en entrevue avec Radio-Canada

L’auteur en entrevue avec Radio-Canada

Daniel et l'auteur Claude Guilmain

Rencontre entre auteurs : Daniel et Claude Guilmain

Daniel Groleau Landry

9 décembre 2016

Crédit photo : Association des auteures et des auteurs de l’Ontario français (AAOF)