«On n’sait jamais à quoi s’attendre» d’Hélène Koscielniak: Les surprises du quotidien

14 septembre 2017

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On n’sait jamais à quoi s’attendre d’Hélène Koscielniak 

Les surprises du quotidien

 

« En fin de compte, quelle est la langue d’un peuple sinon l’expression de sa culture, l’expression de ce qu’il est? » demandait l’auteure Hélène Koscielniak dans son essai Le Tarois, publié dans la revue Liaison du Printemps 2016. Bifurquant cette fois-ci vers la nouvelle, la romancière franco-ontarienne est partie de la même interrogation pour tenter d’illustrer des situations très authentiques et humaines, partant d’histoires vécues dans la vie de gens très ordinaires pour ouvrir sur l’universel dans On n’sait jamais à quoi s’attendre, un recueil de douze nouvelles publié aux Éditions L’Interligne.

Par mon écriture, mon objectif c’est de faire connaître les gens de mon coin et de faire connaître ma région. Pour faire ça, je ne peux pas passer à côté du langage des gens d’ici, indique fièrement Hélène Koscielniak, au sujet de son tout premier recueil de nouvelles, dans lequel elle a choisi d’écrire tous les dialogues en Tarois, la langue propre à la population de l’Ontario francophone, qu’elle a elle-même nommée dans l’essai précédemment cité.

Si les portions qui ne sont pas des dialogues sont dans un français impeccable et international pour s’assurer que même s’il était lu à Paris, son livre serait compréhensible, l’auteure souhaite tout de même qu’à cause des dialogues, les gens de mon coin se retrouvent dans mon livre et voient qu’ils vivent les mêmes choses qu’ailleurs, les mêmes controverses, les mêmes situations cocasses, les mêmes peurs, les mêmes fiertés, même si leur langue est différente. De toute façon, qui détermine ce que c’est, le bon français? Une langue, ça change continuellement!

Au-delà de la langue, c’est aussi dans les histoires et dans les thématiques abordées qu’Hélène Koscielniak désire que des lecteurs de partout dans le monde se reconnaissent. Je veux que les gens se retrouvent dans mes histoires, parce que c’est dans ce temps-là que les gens s’intéressent à un livre. Je pense que souvent, les gens vont sourire – peut-être pas toujours franchement, mais un petit sourire de travers, en se disant «C’est bien comme ça chez nous!», par exemple, explique celle qui traite dans ses nouvelles autant des autochtones que de la question du hockey, du clash des générations ou encore des grands-parents qui s’impliquent beaucoup dans la vie de leurs petits-enfants, de nos jours.

Mes nouvelles, en gros, parlent de situations très humaines. Même si plus souvent qu’autrement, quand on les lit on se rend compte qu’on se retrouve dans le nord de l’Ontario ou du moins dans le nord du Canada, si on va en profondeur et qu’on voit les valeurs dont je parle, on se rend compte que ce sont des valeurs qui sont universelles, insiste celle qui part beaucoup d’observations faites autour d’elle et d’histoires entendues aux nouvelles, afin d’imaginer ses récits. Véritable passionnée d’actualité, Hélène Koscielniak avoue écouter les nouvelles à la radio et à la télé tous les jours, pour voir ce qui se passe dans le monde et, souvent, y glaner quelques idées.

On entend beaucoup aux nouvelles, dernièrement, toujours de nouvelles arnaques dirigées envers les personnes âgées, alors j’ai pensé écrire une histoire à ce sujet-là, donne-t-elle en exemple, précisant que parmi ses douze nouvelles s’en trouvent aussi une au sujet de pertes de mémoire qui causent des situations un peu cocasses, une au sujet du hockey dans laquelle l’un des deux parents est un petit peu trop compétitif et pousse beaucoup son enfant, et une autre encore à propos de la loi au sujet la chasse à l’ours, qui a été changée dernièrement, et qui cause souvent des incidents dans le nord de la province, notamment à Sudbury, où deux personnes ont récemment été attaquées par une de ces bêtes.

Bien que ses sujets soient très variés et représentent tous types de personnes et de situations, détrompez-vous : ce n’est pas pour les univers et les ambiances différents que l’auteure a nommé son recueil On n’sait jamais à quoi s’attendre! C’est plutôt pour représenter son style d’écriture : Le titre que j’ai choisi, c’est parce que chacune de mes histoires a une fin surprise. Des fois c’est drôle, des fois c’est surprenant, des fois c’est triste. J’espère que j’ai bien construit mes histoires pour que le lecteur soit surpris à la fin; que pendant qu’il lise, il se demande où je m’en vais avec ça et ce qui va arriver.

On n’sait jamais à quoi s’attendre d’Hélène Koscielniak est publié aux Éditions L’Interligne.

Alice Côté Dupuis
13 septembre 2017